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Le président français Emmanuel Macron a rencontré le chancelier allemand Olaf Scholz, en marge d’un sommet de l’UE consacré à la crise énergétique à Bruxelles. AFP/Pool/Olivier HOSLET. 9
Alors que les réponses à apporter à la crise énergétique et à la coopération militaire ont révélé des dissonances entre Paris et Berlin, le
Source: ©Tensions franco-allemandes : Emmanuel Macron recevra Olaf Scholz mercredi à Paris

« Je pense que ce n’est pas bon ni pour l’Allemagne ni pour l’Europe qu’elle s’isole », a déclaré Emmanuel Macron à son arrivée à Bruxelles pour un sommet européen consacré à la crise provoquée par la flambée des prix de l’énergie. Les réponses à apporter à la crise énergétique, à la coopération militaire, aux projets communs d’armement ont révélé des dissonances entre Paris et Berlin. Emmanuel Macron et Olaf Scholz se sont entretenus avant le début du sommet pour tenter d’aplanir les « divergences » entre les deux pays sur les moyens de faire baisser les prix du gaz et de l’électricité. Le chancelier allemand se rendra mercredi à Paris.

Les divergences accumulées entre Paris et Berlin ont conduit mercredi au report à janvier du Conseil des ministres franco-allemand prévu le 26 octobre à Fontainebleau, en France. Berlin a justifié le report par « des difficultés logistiques » pour certains ministres. Mais selon plusieurs sources, ce sont bien les points de frictions entre Paris et Berlin qui se sont accumulés en lien avec les bouleversements de la guerre en Ukraine, qui ont entraîné le report. Mais, selon la présidence française, les deux dirigeants ont assuré vouloir fixer « rapidement » une nouvelle date pour le conseil des ministres franco-allemands.

Rigueur budgétaire : un double-discours allemand ?

Paris, comme d’autres capitales européennes, a ainsi peu goûté l’absence de concertation européenne lors de l’annonce par Olaf Scholz de son dernier plan à 200 milliards d’euros pour soutenir les entreprises et les ménages face à l’inflation. Les responsables européens craignent une fragmentation de l’UE et se rebellent contre un supposé double-discours allemand qui dispenserait des leçons de rigueur budgétaire au sein de l’UE tout en dépensant sans compter sur la scène intérieure.

Les Verts allemands, dont le vice-chancelier et ministre de l’Energie Robert Habeck, ont eux critiqué les ratés du programme nucléaire français, qui feraient peser une menace sur l’approvisionnement énergétique des deux pays. Aussi Berlin, qui entendait sortir du nucléaire à la fin de l’année, a décidé de prolonger la vie de trois centrales. Si une alternative au projet Mitcat semble sur les rails, le frictions se multiplient aussi dans le domaine de la défense.

L’un des points de friction semble déjà gommé. Alors que Berlin plaidait pour la relance d’un projet MidCat de gazoduc reliant l’Espagne à l’Allemagne, l’Espagne, le Portugal et la France se sont entendus jeudi pour le remplacer par un nouveau gazoduc sous-marin, cette fois, afin d’acheminer du gaz et de l’hydrogène vert entre Barcelone et Marseille, a annoncé à Bruxelles le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez. « Le nouveau projet, qui s’appellera le Corridor d’énergie verte, pour relier la péninsule ibérique à la France et donc au marché européen de l’énergie entre Barcelone et Marseille », a-t-il expliqué à son arrivée pour un sommet européen. La France était accusée de bloquer le projet

L’Allemagne et 14 alliés s’allient pour leur défense anti-aérienne, Paris en retrait

Berlin promeut ainsi un projet de bouclier anti-missile, avec notamment une composante israélienne, auquel veulent se joindre 14 pays européens, dont la Grande-Bretagne, les pays baltes, les Pays-Bas ou encore la Finlande. Dénonçant une « course aux armements » au sein du continent, Paris reste en retrait. Mais son propre système fait déjà partie du commandement intégré de l’Alliance.

 

Le futur avion de combat européen, un serpent de mer entre les deux pays, est un autre point de blocage, avec le risque que le projet britannique concurrent, Tempest, prenne de l’avance.

S’y ajoute une dimension personnelle entre les dirigeants des deux pays, selon Jacques-Pierre Gougeon : « Ils ont des tempéraments très différents, pas le même parcours politique. (Olaf) Scholz est moins dans la communication et doit tenir compte de ses partenaires » dans une coalition tripartite particulièrement délicate à conduire.

Le Maire : «L’idée d’une Europe bâtie pour la paix» est obsolète

Selon le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, les dissensions proviennent de raisons « qui bouleversent le modèle allemand ». Tout d’abord la guerre en Ukraine qui rend « obsolète l’idée d’une Europe bâtie pour la paix » et qui « doit désormais être là pour garantir la sécurité contre des agresseurs étrangers ».

« Cela doit nous amener à une redéfinition stratégique des relations entre la France et l’Allemagne. Et à créer une alliance nouvelle, peut-être encore plus forte», a affirmé le ministre. Ce fervent germanophile a toutefois rappelé qu’il n’y avait « pas d’alternative à cette relation étroite entre la France et l’Allemagne ».

 

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