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Petit-fils d’immigrés d’origine indienne, Rishi Sunak succède à Liz Truss et entre dans l’histoire en devenant le premier non-blanc à diriger le gouvernement du Royaume-Uni. Il a appelé à l’unité devant des parlementaires du Parti conservateur.

 

Petit-fils d’immigrés d’origine indienne, Rishi Sunak succède à Liz Truss et entre dans l’histoire en devenant le premier non-blanc à diriger le gouvernement du Royaume-Uni. Il a appelé à l’unité devant des parlementaires du Parti conservateur.

Source:© Royaume-Uni: Rishi Sunak, dernier espoir des tories, officiellement nommé premier ministre ce mardi

 

SOMMAIRE

Avant même d’avoir posé son premier acte de chef de gouvernement, Rishi Sunak a déjà marqué l’histoire britannique. À 42 ans, il devient le plus jeune premier ministre que le pays ait jamais connu. Surtout, comme le note toute la presse, il va devenir le premier hôte « non blanc » de Downing Street.

La route vers le pouvoir a été ouverte dimanche soir quand Boris Johnson a jeté l’éponge dans la course éclair à la tête du Parti conservateur. L’ancien premier ministre a assuré se retirer pour le bien de l’unité du parti, mais qu’il avait les 100 parrainages (102 exactement) pour concourir. Ses adversaires en doutent toutefois, seuls une cinquantaine de soutiens s’étant publiquement déclarés. Et nombre d’anciens lieutenants de « BoJo» avaient basculé dans le camp Sunak.

Johnson hors course, restait Penny Mordaunt. Jusqu’au dernier moment, celle-ci s’est accrochée. Avant de se retirer quelques minutes avant la clôture des candidatures, lundi en début d’après-midi. Elle n’avait réuni que 90 parrainages. Elle a aussitôt appelé à l’unité derrière Sunak.

Candidat unique, ce dernier a été automatiquement « couronné », et les 170.000 membres du parti n’ont pas eu à être consultés. Dès mardi, a priori, le roi Charles III va demander pour la première fois à un chef de parti de former un gouvernement.

Des «défis économiques profonds»

Celui qui va devenir premier ministre – le cinquième en six ans, depuis le référendum sur le Brexit – a prononcé quelques mots au QG londonien du Parti conservateur. Rishi Sunak a promis de servir avec « intégrité et humilité », une critique en creux de la méthode Johnson. Et s’est dit honoré de pouvoir « donner à son tour à un pays à qui il doit tant ».

Il n’a toutefois pas caché les difficultés de la route, pointant des « défis économiques profonds » et promettant la « stabilité ». L’autre grand défi sera d’apaiser un Parti conservateur miné par les ambitions personnelles et fracturé idéologiquement, sans arriver à se remettre des déchirures du Brexit. « C’est l’unité ou la mort », a-t-il confié à des parlementaires, estimant que le parti faisait face à une vraie « crise existentielle » après douze années au pouvoir.

Une opposition interne insidieuse

Le risque pour Sunak est d’être vite confronté à une opposition interne insidieuse. Les fidèles de Johnson ne lui pardonnent pas d’avoir provoqué la chute du premier ministre en lançant la valse des démissions en juillet dernier. Et ce drôle de scrutin interne à un candidat sera une faiblesse dès les premières difficultés, Sunak risquant de se voir contester sa légitimité.

C’est déjà l’argument de l’opposition travailliste, qui appelle à des élections anticipées. Selon des parlementaires tories, Sunak a exclu lundi cette option, une posture logique tant l’écart creusé dans les sondages par le Labour (quelque 30 points) laisse entrevoir une cuisante défaite pour les conservateurs.

Signe encourageant toutefois pour Sunak, il serait aujourd’hui « plus populaire chez les membres du Parti conservateur que pendant la campagne estivale », selon John Curtice, professeur de sciences politiques à l’université de Strathclyde.

«Réparer l’économie»

Considéré comme orthodoxe sur le plan budgétaire et fiscal, Sunak s’est engagé lundi à « réparer l’économie ». On avait reproché à l’ancien chancelier d’avoir procédé aux plus fortes hausses d’impôts depuis des décennies, afin de remettre de l’ordre dans les finances publiques, mises à mal par la pandémie. Il aura toujours cette tâche à cœur et devrait ainsi garder le nouveau ministre des Finances, Jeremy Hunt, sur la même ligne que lui.

Les marchés ont d’ailleurs réagi positivement à la victoire de ce profil rassurant. Mais sa mission sera rude, alors que le pays se débat dans une sévère crise du coût de la vie avec une inflation qui a franchi la barre des 10 %.

Union européenne et immigration

En sus de ces priorités économiques, Sunak devra avancer sur les relations avec l’Union européenne – notamment la question épineuse du protocole nord-irlandais -, sujet sur lequel on le crédite de plus de réalisme et de flexibilité que ses prédécesseurs. Il a toutefois exprimé son soutien à un projet de loi qui permet de revenir de manière unilatérale sur certaines mesures clés de l’accord de Brexit et dénoncé par Bruxelles.

La base du parti l’attend aussi sur le dossier de l’immigration. Londres peine jusqu’ici à réduire le nombre de migrants traversant illégalement la Manche, plus de 37.500 déjà cette année, un chiffre record. Sunak a soutenu le plan gouvernemental d’envoyer les demandeurs d’asile arrivés illégalement au Rwanda, un projet bloqué depuis des mois par des recours en justice. Il pourrait en revanche se montrer plus souple sur les visas de travail, alors que le Royaume-Uni est confronté à une pénurie de main-d’œuvre.

Malgré son forfait dans cette compétition, Boris Johnson reste en embuscade et espère un jour être rappelé en sauveur. Dimanche, il s’est dit « bien placé » pour mener son camp à la victoire dans deux ans.

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