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Benyamin Netanyahou a présenté son nouveau gouvernement, jeudi à la Knesset. Amir Cohen/UPI/ABACA
Le premier ministre, Benyamin Netanyahou, qui a fait entrer ses alliés ultranationalistes, antiarabes et homophobes au pouvoir, a promis de ne pas se laisser déborder.
Source:© L’extrême droite marque son territoire dans le gouvernement d’Israël

Après une brève traversée du désert, Benyamin Netanyahou a présenté jeudi le gouvernement israélien le plus ultranationaliste de l’histoire du pays. Pour y parvenir, il a mené, depuis sa victoire aux législatives du 1er novembre, d’âpres marchandages avec trois partis d’extrême droite antiarabes, partisans d’une colonisation à tout va en Cisjordanie et homophobes. Deux autres partis ultraorthodoxes et le Likoud, la formation de droite de Benyamin Netanyahou complètent l’attelage de ce gouvernement.

Pour rassembler les différents composants de ce puzzle, le premier ministre a donné l’impression de constamment céder aux exigences de ses alliés de l’ultra-droite, dont le soutien lui était vital. La création d’un État palestinien que Benyamin Netanyahou avait dû accepter du bout des lèvres en 2009, sous la pression à l’époque de Barack Obama, semble désormais être définitivement enterrée.

Deux ministres, chefs de deux partis d’extrême droite, ont obtenu pratiquement carte blanche en Cisjordanie. Itamar Ben Gvir, lui-même un colon condamné à de multiples reprises pour des exactions contre des Palestiniens, s’est vu accorder le portefeuille de «ministre la Sécurité nationale». II va avoir la haute main sur quelque 2000 gardes-frontières, une force spécialisée dans les opérations de maintien de l’ordre en Cisjordanie notamment. Bezalel Smotrich, ministre des Finances, lui aussi un fervent du Grand Israël, va superviser l’administration chargée des affaires civiles en Cisjordanie.

Cette institution est chargée entre autres de délivrer les permis de construire dans les implantations, où vivent près de 500.000 colons israéliens aux côtés de 2,5 millions de Palestiniens. Détail important : le contrôle des gardes–frontières et de l’administration civile a été retiré à l’armée, ce qui a poussé le chef d’état-major, le général Aviv Kohavi, à protester en vain auprès de Benyamin Netanyahou, en affirmant que ces décisions allaient « avoir de graves conséquences » pour les opérations militaires. Des éditorialistes d’opposition ont brandi le spectre de l’émergence d’une « milice privée » aux mains de l’extrême droite.

Le tandem Smotrich-Ben Gvir peut en outre se féliciter de l’engagement pris de légaliser dans les soixante jours des dizaines de colonies sauvages construites par des groupes d’activistes d’extrême droite sans la moindre autorisation officielle, et parfois empiétant sur des terres privées appartenant à des Palestiniens. Le programme du gouvernement proclame clairement que « la nation d’Israël a un droit naturel sur la Terre d’Israël », qui comprend la Cisjordanie, la Judée-Samarie de la Bible. Seule restriction : Benyamin Netanyahou n’a pas osé franchir le Rubicon en prônant l’annexion pure et simple de cette région, une mesure qui ne manquerait pas de provoquer une crise avec les États-Unis.

« C’est moi qui suis au volant »

À propos de l’Iran, il a prévenu que sa priorité sera « de faire échec aux tentatives de l’Iran de développer un arsenal d’armes nucléaires », en maintenant « la supériorité militaire d’Israël dans son environnement ». Yohav Galant, un ancien général nommé à la Défense, va être chargé de cette mission.

Sur le front intérieur, accusé de faiblesse par l’opposition face aux exigences de ses alliés, il n’a cessé ces dernières semaines d’affirmer : « C‘est moi qui suis au volant », autrement dit qu’il ne se laissera pas déborder. Il a appelé l’opposition à accepter sa défaite en prenant exemple « sur les supporteurs de l’équipe de France de football qui ont applaudi l’équipe d’Argentine après le match ».

Histoire de rassurer des Israéliens, dont 60 %, selon un sondage, estiment que la démocratie est désormais en danger, Benyamin Netanyahou a contré les déclarations à l’emporte-pièce de certains de ses alliés. Il a promis qu’il ferait barrage à toute atteinte aux droits de la communauté LGBTQ, alors qu’il a nommé Avi Maoz, chef d’un parti ouvertement homophobe comme vice-ministre chargé d’une « autorité de l’identité nationale juive ». Le premier ministre, au cours de son sixième mandat, semble en revanche bien décidé à s’en prendre à la Cour suprême, qui joue le rôle de Conseil constitutionnel. Son ministre de la Justice, Yariv Levin, entend dénier le droit de la plus haute instance juridique d’annuler des textes votés par la Knesset, ce qui permettrait, par exemple, de faire passer une loi suspendant toute poursuite judiciaire contre un premier ministre en exercice, alors que Benyamin Netanyahou est actuellement en procès pour corruption, fraude et abus de confiance.

 

1 Commentaire

  • Pat
    Publié janvier 9, 2023 9:45 0Likes

    “L’extrême droite marque son territoire dans le gouvernement d’Israël”

    Quand on veut noyer son chien on ne dit plus “il a la rage” mais “IL EST D’EXTRÊME DROITE”

    Cela devrait cesser car vous causez un grand tort à Israël et faites le nid des antisémites et des ennemis d’Israêl! En êtes-vous conscients?`

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